Femme Celte

 

Chez les Celtes, les structures sociales étaient celles de tous les peuples Indo-européens, le premier rang était dévolu à l'homme (société patriarcale).

Toutefois, en étudiant les textes, on s'aperçoit que la condition de la femme celte était avantageuse par rapport à certaines autres sociétés.

 

La condition sociale

La femme celte était relativement indépendante de l'homme, elle pouvait posséder des biens propres : bijoux, bétail... Si la propriété foncière était collective chez les Celtes, à côté, la propriété mobilière individuelle était admise. La femme pouvait user de ses biens personnels à sa guise, elle les conservait en cas de mariage et pouvait les reprendre en cas de divorce. Le mariage était une institution souple, résultat d'un contrat dont la durée n'était pas forcément définitive. En théorie, la femme choisissait librement son époux et lorsque c'est elle qui possédait plus de biens que son mari, c'est elle qui dirigeait toutes les affaires du ménage sans demander l'avis à son époux. Si la fortune de l'homme et de la femme étaient à égalité, le mari ne pouvait gérer les biens sans en référer à son épouse. En se mariant, la femme n'entrait jamais dans la famille de son mari, elle appartenait toujours à sa famille d'origine, et le prix que versait le mari pour l'achat de sa femme n'était qu'une compensation donnée à la famille de celle-ci. En cas de divorce, la femme retournait dans sa famille d'origine. Si l'homme décidait d'abandonner sa femme, il devait s'appuyer sur des motifs graves, si non, il devait payer des dédommagements très élevés. La femme pouvait se séparer de son mari en cas de mauvais traitements, elle pouvait alors reprendre ses biens propres et sa part des biens acquis pendant toute la durée du mariage. Le divorce pouvait aussi s'effectuer par consentement mutuel, la séparation n'était pas liée à une quelconque culpabilité, c'était simplement un contrat qui cessait.


En-dehors du mariage, il existait une sorte de concubinat réglementé par des coutumes très strictes. Un homme pouvait prendre une concubine, mais s'il était marié, il ne pouvait le faire qu'avec l'accord de son épouse légitime.

 

Des guerrières déterminées

En 50 avant J.-C., la femme gauloise n'était pas le faire-valoir de sa famille, contrairement à sa collègue romaine et aux idées reçues.

A l'époque de nos ancêtres, les Gauloises étaient de sacrées natures. Elles n'avaient rien à envier à leurs époux, ces Gaulois bien bâtis, moustachus et chevelus, qui représentent encore l'image d'Epinal que l'Histoire nous a rapportée.

La Gauloise n'était pas qu'une femme au foyer chargée de la cuisson des sangliers et de la mise à l'ombre de la cervoise... fraîche, elle était une vraie nature dotée de talents multiples.  

 

La femme gauloise était, dans la société, bien plus importante que la femme romaine. Leurs statuts étaient eux aussi très différents. L'une avait un rôle social et politique essentiel, l'autre n'était que le deuxième sexe dédié aux tâches subalternes de la vie domestique.

La Gauloise participait d'abord activement aux actes de guerre. Armées d'épées et de haches, éructant de colère, elles se jetaient tout à la fois sur l'ennemi romain et sur le fuyard gaulois pour l'obliger à se battre.


Le courage de la femme gauloise est également attesté par ces histoires de femmes employées aux champs dans le cadre d'exploitations foncières, qui ne s'interrompaient que quelques minutes dans leur travail pour aller...
accoucher.

Cela confirme l'incroyable courage dont nos ancêtres féminines pouvaient faire preuve. En regard, la Romaine était totalement absente des joutes guerrières et autres rixes auxquelles nos Gauloises aimaient bien se joindre. Et ce n'est pas la moindre des différences.

 

La gauloise juge

La Gauloise participe, en effet, aux affaires publiques. La Romaine n'a en revanche aucun droit de cité dans le cadre de l'organisation de l'Empire romain. Les Latins s'étonnent même que, chez les Gaulois comme dans la plupart des peuples regroupés sous le terme "barbares", les rôles étaient inversés. De fait, lorsque, après César, les armées romaines ont entamé la conquête de la Grande Bretagne, des peuplades celtiques qu'elles ont rencontrées étaient souvent dirigées par des femmes.

Les historiens sont en revanche d'accord sur le fait que les Gauloises et les Romaines dépendaient de l'homme, leur époux, leur père, dans le cadre de la vie privée.

D'où vient la place enviable de la femme celte dans la société?

Cette situation vient de l'image que se sont fait les Celtes pour cet être doué de donner la vie; toute la tradition celtique, galloise, irlandaise, bretonne, insiste sur le caractère de souveraineté de la femme. On retrouve ce sentiment dans la littérature européenne du Moyen Age, notamment dans le cycle arthurien, du nom du roi Arthur, qui est d'origine celtique. L'épouse du roi Arthur, la reine Guenièvre, que les anciens textes gallois nomment "Gwenhwyfar" ("Blanc fantôme") est le modèle de ces femmes qui incarnent la souveraineté. C'est elle, qui par sa beauté et sa valeur, permet aux chevaliers de montrer leur bravoure. Le chevalier Lancelot n'avoue-t-il pas que toute sa valeur lui vient de l'amour de la reine Guenièvre qui est le centre de la Cour? La plupart des héroïnes des légendes celtiques proviennent du souvenir d'une antique déesse lunaire.

Dans l'imagination des Celtes, la femme est l'initiatrice, la messagère des dieux, celle qui introduit l'homme dans un monde nouveau, celui des réalités supérieures.

Cependant, par cette puissance qu'elle incarne, la femme a inquiété les Celtes et ils ont cherché à s'en rendre maîtres.

L'homme a toujours prétendu avoir des droits de possession sur la femme et ne pouvant se passer d'elle en tant que mère, épouse ou amante, il a fait en sorte de jeter sur elle de terribles interdits teintés de culpabilité. D'après leurs récits mythologiques, les Celtes semblent avoir été conscients de ce phénomène et il y a chez eux comme un regret d'une époque antérieure où la femme jouait un rôle plus considérable.

 

La femme celte occupe donc bien une position favorable dans la société où elle vit, sa condition s'est ensuite nettement dégradée et elle devra attendre des siècles pour reconquérir ses droits. On peut considérer que la femme européenne d'aujourd'hui possède en gros les mêmes droits matrimoniaux que la femme celte.

 

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